CIO en bref
COMITE INTERNATIONAL OLYMPIQUE
(CIO)
Olivier Villepreux

Organisation non gouvernementale (ONG) à but non lucratif
Création : 1894 (Réinstaurer les anciens Jeux olympiques de la Grèce antique + Organiser les JO comme événement sportif tous les 4 ans)
Fondateur : Pierre de Coubertin (France) Sport : Omnisports Siège : Lausanne (CH) Nations membres : 205
Devise olympique : Citius-Altius-Fortius (plus vite-plus haut-plus fort) + Credo olympique : “Le plus important aux JO n’est pas de gagner mais de participer car l’important dans la vie, ce n’est point le triomphe mais le combat ; l’essentiel, ce n’est pas d’avoir vaincu mais de s’être bien battu” + Serment olympique : “Au nom de tous les concurrents, je promets que nous prendrons part ) ces Jeux olympiques en respectant et suivant les règles qui les régissent, dans un esprit de sportivité, pour la gloire du sport et l’honneur de nos équipes” + Flamme olympique : Symbole des JO, allumée dans l’antique stade olympique à Olympie (Péloponnèse/Grèce) par des femmes vêtues de tuniques similaires à celles portées en Grèce dans l’Antiquité + Hymne olympique : Cantate de Kostas Palams, mise en musique par Spyros Samaras en 1896. Hymne officiel olympique adopté en 1957
Site Internet : www.olympic.org
Anciens Présidents : Demetrius Vikelas (1894-1896) + Baron Pierre de Coubertin (1896-1925) + Comte Henri de Baillet-Latour (1925-1942) + Sigfrid Edström (1946-1952) + Avery Brundage (1952-1972) + Lord Killanin (1972-1980) + Marquis Juan Antonio Samaranch (1980-2001) + Comte Jacques Rogge (2001)
Président : Jacques ROGGE (Belgique) depuis 2001
(Source : http://fr.wikipedia.org)


CIO, kesk ? Ces 3 lettres en disent bien plus long qu’on en croit… Caisse enregistreuse pour Jeux d’argent, Jeux de frime, Jeux de prestige, Jeux du cirque
CIO, c’est le Comité International Olympique. La plus haute instance sportive internationale. Plus attrayante (235 membres) et plus puissante que l’ONU (environ 190 Etats membres). Légitimité par copinage et cooptation. Budget incontrôlé et incontrôlable.

Une exception dans les institutions internationales et mondiales…

Quelques “bonnes feuilles” à lire - et à méditer - avant les Jeux de Pékin 2008. Mille Mercis donc à Olivier Villepreux pour son Feue la flamme. Pour en finir avec les JO (Gallimard/NRF, Paris 2008).
GREASIE a feuilleté ce “petit bijou” pour vous …

Olympisme et paix universelle : “A l’origine de l’ambiguïté qui associe abusivement les Jeux à la paix qui s’opposerait au chaos du dehors, nous retombons nez à nez avec Pierre de Coubertin, simulateur d’ordre par temps de guerre, faiseur de jeux pour mieux s’extraire du désordre que les JO se doivent de gommer provisoirement par leur seule existence. Les précautions des politiques à propos de Jeux olympiques s’expliquent aisément. D’un côté, les Jeux leur offrent l’occasion de prendre des positions à moindres frais. Ils font leur métier à plein régime, s’expriment, persuadés que les Jeux sont inébranlables. De l’autre, les JO ont acquis par le gigantisme de leur organisation et les intérêts dont ils sont garants un pouvoir médiatique et financier tel (la chaîne NBC a acheté au CIO 3600 heures d’émission pour $2,2 milliards) qu’il expose dangereusement ses détracteurs comme ses laudateurs… Le boycott est un moyen de pression, mais l’appliquer serait une erreur politique et stratégique sur le plan international … Il suffirait de prôner la suppression pure et simple des JO pour alléger les consciences, s’affranchir du simulacre organisé par le CIO, libérer la parole politique pour enfin quitter cette prudence maladive à l’égard d’une entité qui ne représente qu’elle-même. Pour déjouer l’entreprise du CIO, il faudrait bien sûr que les Etats argumentent non pas sur le boycott mais sur la nécessaire disparition même des jeux quadriennaux”.

Couper la branche sur laquelle on est assis : “les athlètes veulent toujours aller aux Jeux, comme l’écrivain aspire à être édité dans les maisons les plus prestigieuses”.

Beijing 2008 : yige shigie, yige mengxiang, un monde, un rêve : “à ce stade, il eût fallu aussi proposer la confiscation des richesses du CIO au profit des pays les plus endettés de la planète dont les budgets sont si inférieurs à ceux de la noble institution pacificatrice qu’ils ne permettent même pas d’espérer une prochaine médaille haïtienne ou tchadienne, à moins que leurs représentants ne soient des exilés. Il faut dénoncer l’hypocrisie des classements, des résultats, des mérites, bref, dénoncer l’égalitarisme dont se prévalent les Jeux et qui sont un leurre, une convenance avantageuse”.

CIO ? : “Il ne serait pas plus scandaleux de traîner les dirigeants du CIO devant un tribunal international pour corruption, extorsion de fonds publics, délit d’initié, abus de position dominante, non-respect des règles de la libre concurrence et enrichissement personnel à la clé, passe-droits commerciaux en tout genre, atteinte à l’intégrité physique d’autrui. Les forfaits les plus injustifiables ont été rapportés dans les colonnes des plus grands journaux. Il n’y a pas à fouiller. Et encore les journaux se montrent-ils très habiles dans la présentation de leurs révélations parce que c’est scier l’arbre duquel ils contemplent l’Olympe pour leurs lecteurs. Ils dénoncent d’un côté les malfaisants et préservent de l’autre l’institution, sans quoi les jeux sont faits. Est-il nécessaire de résumer les dérives mafieuses du CIO alors qu’elles font l’objet d’ouvrages édifiants en vente libre, dont ceux du journaliste britannique Andrew Jennings ?”.

Dirigeants : “Les médias relaieront de toute façon plus aisément les inepties olympiques que les critiques acerbes. Il est plus distrayant (et rentable) de se moquer des arrivistes du monde sportif que de chercher à faire la peau. Il est très plaisant de railler les querelles de cour de ces aristocrates de boulevard et d’hôtel 5 étoiles d’autant plus avides de pouvoir et de reconnaissance qu’ils proviennent pour la plupart d’un monde en déliquescence : ex-dictatures, républiques bananières, bureaux sans fenêtres du bloc de l’Est, principautés fiscalement paradisiaques. Ce sont d’anciens dirigeants de multinationales, d’ex-conseillers de la Maison Blanche, des espions reconvertis ; ou ils sortent plus simplement des stades parce qu’il faut bien payer son écot au sport sans doute». Oui, des Pinocchio d’hommes politiques qui se sont créé un palais de sucre pour parader. Considérés comme d’aimables clowns par les véritables élites intellectuelles politiques, diplômées ou élues, ce sont pourtant ces petits malins qui les roulent dans la farine. Les derniers tenants de l’éthique du sport - ils ont existé, ils en avaient largement les moyens -, vieux lords anglais ou milliardaires américains, n’ont pas résisté longtemps face à la cupidité inédite de ces nouveaux venus qui ont souvent chacun vécu, avant de négocier leur présence au CIO, une période de disgrâce dans leur pays, après un changement de régime politique ou plus simplement après avoir perdu les faveurs du chef qui les nourrissait. Ils venaient de l’Allemagne nazie, RDA, d’URSS, de ministères africains s’accommodant d’un néocolonialisme très confortable, de services de la junte coréenne, du football brésilien version Ordem e Progresso - comme João Havelange – ancien président de la FIFA… Sans oublier l’instigateur sublime, le marionnettiste de toutes les transformations du sport moderne, resté en coulisses depuis l’après-guerre, Horst Dassler, fils d’Adolf (père d’Adidas”), célèbre marque aux trois bandes … “Ces gens-là confirment d’une certaine façon que les démocraties occidentales n’ont aucune prise sur les groupements d’intérêts privés. Elles affichent leur impuissance à imposer de l’égalité et le sens de l’intérêt général aux lobbies tels que le CIO dont les ramifications s’étendent à l’intérieur même du tissu industriel mondial, pour qui les jeux sont plus qu’une marotte, une machine à fasciner les enfants, à façonner les esprits malléables… Tout en haut de leur donjon, les connétables du CIO, en dépit de cette faculté congénitale à marchander ce qui ne leur appartient pas – et sans avoir à en rendre compte -, ne sont jamais menacés. Pas de mandats, pas de devoirs”.
A-t-on entendu Jacques Rogge et le CIO, pourtant présents à Pékin lors de la répression chinoise au Tibet et du scandale de la flamme, critiquer le pays organisateur et ses méthodes musclées pour “protéger” l’olympisme, faisant fi de la souveraineté étatique des pays traversés ? Mutisme de circonstance. Paternalisme lénifiant.

Quels Jeux ? : “Les Jeux matérialisent le concept de village mondial durant 15 jours. Un monde conformiste, buvant, mangeant, regardant les mêmes choses, abêti, passif. Ce cocon protectionniste, motivé par la concordance d’égoïsmes pathologiques et qui est la condition de réussite d e l’événement, a fait école. On ne se rend même plus à quel point. Cette vérité qui alimente désormais les conférences sur les liens entre le sport et l’entreprise, els accords commerciaux, le management et la compétitivité, ne choque plus personne. La compétition sportive a d’abord été la vitrine de l’impérialisme occidental à la traîne de la révolution industrielle pour logiquement devenir aujourd’hui celle du néo-libéralisme. L’usufruit de cet investissement sur le muscle ne cesse d’enfler. Le muscle est un accessoire. Impossible is nothing peut clamer sans mentir la publicité d’Adidas. L’attrait des compétitions spectacles n’excédera plus jamais celui des dividendes des entrepreneurs qui les font vivre”.

“Trêve olympique” et “neutralité” des JO : “Dès le départ, la légende olympique s’est construite sur une escroquerie. En 1900, des armes de guerre servaient à distribuer non moins de 27 médailles d’or. Déjà la tricherie faisait partie du jeu. Pour gagner, tous les moyens sont bons [bagarres, dopage de plus en plus sophistiqué]… A cette pagaille des origines ont succédé des sélections drastiques d’hommes et de femmes qui laissent parfois à la porte les meilleurs d’entre eux par un jeu de quotas qui accentuent les disparités entre nations. Parce qu’il est bien question de hiérarchie mondiale simplifiée en résultats sportifs. Et cela semble satisfaire les spectateurs, les rassurer. Oui, les médailles reflètent un état du monde disparate et inégal”.

Candidatures : “Les dés sont aussi pipés sur le plan des candidatures. Pensez-vous le Venezuela en mesure de présenter un projet et d’être choisi ? D’Athènes à Pékin, chaque édition n’est pas le résultat d’un choix objectif mais bien la désignation d’un comité d’organisation. Il ne s’agit pas d’une élection mais d’un choix régalien, dont les critères ne ressemblent aucunement à un appel d’offres dont on pourrait contrôler la légalité. Paris a fait 3 fois les frais de cette façon d’agir (1992, 2008, 2012) mais il n’aurait pas forcément à s’en plaindre… Les enjeux politiques locaux, la géopolitique, les intérêts particuliers des gouvernants alliés à ceux des membres du CIO prouvent sans cesse que l’olympisme, derrière le rideau de sa prétendue impartialité, recherche d’abord et avant tout l’ouverture d’un grand chantier. Sa grande affaire est la création de nouveaux marchés qui n’ont rien de virtuel. Seul l’est généralement le projet défendu devant lui. Après Pékin et ses contrats d’architecture pharaoniques passés avec des cabinets étrangers, Londres 2012 sera l’exemple suivant éclairant les enjeux en termes de construction, d’aménagement de la ville. Ils sont parmi les plus parlants puisqu’ils englobent la démolition et la reconstruction d’une large zone d’habitations populaire. Les habitants de Newham se distinguent pour être les plus jeunes et les moins blancs de Londres. Les musulmans y représentent près d’un quart des habitants. Dans une métropole parmi les plus chères du monde au mètre carré, ce constat ne suscite aucun mauvais esprit”.

Retour sur investissement : “Remporter l’organisation des Jeux suffit à rendre très rapidement concrets les investissements. D’autant mieux qu’il y a tout à faire, au sprint. Comme par enchantement, les blocages politiques et économiques traditionnels s’effondrent et s’engouffrent avec entrain dans la brèche des sociétés de tous les secteurs à travers un jeu d’influences opaque. L’accélération du processus de retour sur investissement est un attrait important, puisque la réalisation, soumise à une date butoir, devient impérative. A Paris, tous les chantiers calculés a minima ne verront sans doute pas le jour dans leur forme prévue selon le calendrier des Jeux. La “chambre bleu horizon” qui avait été constituée à cette occasion pour séduire le CIO, et emmenée par Bertrand Delanoë avec le concours de l’Etat et des plus grandes entreprises françaises, est exactement le montage dont a horreur l’institution de Lausanne. Un tel pacte de non-agression politique, une telle sportivité entre privé et public, un dossier si unanime, ne saurait servir les intérêts des caciques de l’olympisme et leurs partenaires. En bonne maquerelle soucieuse de ne pas voir son autorité mise en défaut, l’institution préfère donner son accord aux projets les moins aboutis comme pour mieux multiplier les créneaux, les offres, les affaires. Plus le terrain est vierge, mieux cela vaut. On se bouscule au portillon, il n’y a plus qu’à gérer la compétition. Ce qui permet également de téléguider l’édification de son temple quadriennal, avec ses hommes de main, ses moyens, ses arrangements, ses retours d’ascenseur, ses exigences. Comble de mégalomanie cela permet aussi de laisser une trace monumentale durable de sa puissance. Avec 11 nouveaux bâtiments olympiques, les Pékinois porteront longtemps la cicatrice de s Jeux. Tout cet édifice immobilier et financier est entériné par le simple fait que la réputation et les comptes d’une ville ou d’un pays, d’un Etat, en gros d’un gouvernement, est engagée en cas de retard, de dysfonctionnements, de mauvais investissements ou de gâchis urbanistique” … “Chaque olympiade décompte son capital humain. Les faibles auront toujours leur part dans l’effort olympique sans aucune chance d’être récompensés d’une quelconque manière. Ce chantage permanent est la recette du CIO qui, de conseils en consultations à l’intérieur même des Etats et des multinationales, jauge entre 2 éditions quelles seront les meilleures candidatures à pigeonner pour imposer, toujours, le choix le plus juteux. La schizophrénie de ce bolide libéral se mesure à sa communication. Une liturgie humanitaire, fraternelle, généreuse qui justifie cette grand-messe économico-médiatique”.

Droits de l’Homme : “L’Histoire apprend qu’après chacune des éditions des Jeux les intentions politiques des pays hôtes n’ont pas bougé d’un iota sous le souffle de la flamme et, en revanche, les vœux olympiens d’harmoniser les débats dans des pays sous tension ont favorisé de dangereuses implosions qui n’avaient rien de surprenant, sans créer pour autant les conditions d’un changement significatif d régime. Ou alors que l’on démontre que la Russie post-soviétique est une démocratie et qu’elle est le fruit retardé des Jeux olympiques des JO de 1980… L’actuel président du CIO n’a, à l’évidence, aucune intention de changer les coutumes de son entreprise : “la seule erreur que font les défenseurs des droits de l’homme est de dire que le CIO doit régler tous les problèmes. Ne demandez pas au CIO de réussir là où des générations de chefs d’Etat qui défilent à Pékin avec leurs offres d’avions ou de trains ou d’industries réussissent mieux que nous”. Sous cet angle, effectivement, si les Etats parviennent par la collaboration économique à infléchir le dirigisme du gouvernement chinois, le CIO n’a pas à se priver de planter l’étendard de la liberté place Tiananmen”

Retransmission : “L’action sportive n’est plus essentielle à la bonne retransmission de l’événement. Ce qui importe, c’est l’action du commanditaire. Une débauche de gaines et de peaux sous lesquelles les muscles bandés sont surlignés par le réfléchissement électrique des feux artificiels sur les tissus élastomères remplace les “temps réels” consacré au lèche-vitrine. Ce show servi par des athlètes mannequins est très intelligemment codifié par le CIO, il ne faut léser aucun logo… Les départs, les arrivées sont les “spots” favoris des télévisions. Le geste sportif lui-même est moins important que l’expression arrêtée de l’athlète. Marque de vêtements au départ, drapeau national à l’arrivée et, entre les deux, finalement, le superflu, une course éclair, un jet, une éjaculation en couleur. L’autre centre d’intérêt est plus classiquement porté sur la performance espérée de telle équipe nationale et, bien évidemment, le tableau des médailles qui est un indicateur en gros des degrés d’implication d’un Etat dans la machinerie. La Chine, en 2008, est bien décidée à passer devant les Etats-Unis, la force des chiffres en économie est une arme psychologique redoutable. Les Etats-Unis avaient anticipé et ont rayé de leur liste noire la Chine”.

Dopage : “L’illusion de la force, du contrôle de soi, de la supériorité de l’esprit sain dans un corps sain, cette esthétique chère au baron Pierre de Coubertin renfermait évidemment un hygiénisme tout à fait déplorable. Les Jeux rappellent plus simplement de nos jours aux salariés que le podium ne dépend plus de la compétence ou de la qualité du travail fourni en amont, voire des capacités à progresser. Que les accidentés de la vie sociale sont une damnation, une injustice à prendre en tant que telle. Il faut s’y résoudre. Ces fatalités peuvent aussi devenir opportunités dès qu’un semblable tombe. Ce qu’il faut admettre est que les règles contiennent leur part d’aléatoire. Une petite faute, un geste déplacé peut avoir des conséquences irrémédiables tandis que le dopage peut faire gagner des millions”.

Pourquoi se gêner : “ Les fabriques à champions, usines à chagrin, n’ont pas masqué que ces entreprises sont une résultante de l’esprit de productivité de l’olympisme… Ce fut le cas d’une des premières manifestations d’envergure du dopage, l’androgynie, auquel le prince Alexandre de Mérode, président de la commission médicale du CIO, mettra fin, en 1980, en pontifiant : “il n’est pas question de traumatiser davantage des individus qui avaient déjà alors bien des problèmes avec leur identité”. La souffrance psychologique est exclue. Comme si le sport admettait la souffrance physique comme absolu librement consenti tandis que l’autre, les problèmes d’identités ne concernerait pas l’olympisme. On peut codifier, noter la souffrance physique. Quant à la souffrance morale, il n’y a pas de barème. Avant la fin des années 70, les femmes-hommes sont relativement nombreuses à remporter des médailles. L’autopsie de la Polonaise Stella Walasiewicz, médaillée d’or à Los Angeles en 1932 et à Berlin en 1936, ouvre la liste. Elle possède des organes génitaux masculins mais elle figure toujours au palmarès olympique. Beaucoup d’autres cas suivront. En 1967, les “intersexués” détiennent presque 60% des records du monde. Aux Jeux de Tokyo en 1964, près du tiers des médaillées sont des médaillés. Puis arrivent les hormones virilisantes et les fausses grossesses et, à leur suite, le perfectionnement purement médical du dopage, le bio-dopage”.

Insolite : “Dernier cas de conscience, l’interdiction faite à l’athlète sud-africain Oscar Pistorius, amputé des 2 jambes à l’âge de 11 mois, de concourir avec les valides aux Jeux de Pékin. Des handicapés ont déjà participé aux Jeux par le passé, mais, cette fois-ci, ce sportif pourrait, et pas uniquement grâce à ses prothèses, concurrencer l’élite mondiale. Ses temps chronométrés sur 400 mètres se rapprochent dangereusement des minima olympiques. Que croyez-vous que feront la Fédération internationale d’athlétisme et le CIO quand les progrès techniques permettront à une majorité d’êtres hybrides de se montrer régulièrement supérieurs à de simples hommes ? Célèbrerons-nous les prothésistes et les généticiens sur les podiums comme el suggère Dominique Paillet, médecin de la fédération handisport ? “Si ce double amputé peut rivaliser, cela fissure l’image de héros hors normes des champions valides. Cette dimension n’est pas neutre dans la décision d’accepter ou pas cet athlète”.

Conclusion : “Avec les communistes chinois dénonçant le stalinisme et se battant aujourd’hui avec les armes importées du capitalisme , les Jeux ressemblent à ces fausses pelouses peintes en vert qui avaient été livrées au regard sagace des inspecteurs du CIO en visite à Pékin. Les Jeux sont comme les canons anti-pluie qui modifieront la météorologie en cas d’intempéries sur les pistes. Les Jeux participent à la négation de la nature et au mépris de l’espèce humaine”
“Le CIO est un rêve de gouvernement autoproclamé, doté d’un Parlement de cooptés, sans peuple, sans compte à rendre sinon à ses bailleurs qui achètent le silence, le consensus, le compromis. Et dont les hommes intègres sont chassés parce qu’ils freinent la propagation du bonheur planétaire, l’harmonie des hommes dans un monde où les affaires tournent rond. Le bénéfice net d’Adidas en 2007 s’élève à €551 millions sur la base de produits essentiellement fabriqués en Asie”.

Merci …Olivier Villepreux !