Un document
Roger Faligot

Roger Faligot, Les services secrets chinois. De Mao aux JO, Eds.Nouveau Monde, février 2008, 606pps

Fascinant, incontournable, indispensable. Un document, une mine, un trésor …

Y a-t-il quelqu’un d’autre que Roger Faligot pour sortir, à la veille des Jeux olympiques de Pékin, pareil brûlot ? L’auteur ne risque plus d’être catalogué comme « ami de la Chine » par le Guoanbu, les services de sécurité chinois. « Ami » avec Pékin c’est-à-dire collabo corvéable, fournisseur de tuyaux, sensible aux sirènes comme aux pesées du pouvoir en face : « nous voulons des renseignements… ». Direct, sans ambages. On s’en doute. Dans le monde feutré et volontiers avare de mots et de confidences, tout se fait, tout se sait et tout se tait. Mais, désormais, on ne peut plus dire ne pas savoir. Peu mais plus. Le reste est à confirmer. Par recoupement. Par flair. En patience. Comme toujours. A voir les hommes en survêtement blanc-bleu, masque fermé mais cinq sens ouverts au maximum, courir dans les grandes villes occidentales, porter la flamme olympique et bousculer service d’ordre et protocole locaux, on ne peut s’empêcher d’ aller au-delà de ces images lisses. « Ils » sont là. Visibles ou pas, mais indubitablement présents. Impavides, invincibles, cruels. En mission. Partout. A tout moment.

On connaissait déjà la formidable enquête du tandem Faligot-Kauffer sur Kang Sheng et les services secrets chinois (Robert Laffont 1987), cent mille fois plus instructif et révélateur que les plus ébouriffantes productions de sinologues patentés sur la véritable nature de la Chine.

Formidable illustration de l’effet-résonance. Effet d’annonce par Deng Xiao ping sur l’espace, sur la place retrouvée de la Chine, sur les nouvelles technologies, sur les marchés de l’avenir, sur les nouveaux médicaments. Zoom sur les carences occidentales. Tout cela se réalise sous les yeux de la planète. La Chine, puissance mondiale, en a fini avec la Longue Marche. Désormais, assise et installée.

Quand le Sage montre la Lune, le pékin regarde le doigt ! Au risque de se tordre les mains jusqu’au sang.

ue à la prise de conscience du processus de bouleversement à l'œuvre aux Trois Gorges. De même, dans la composition des tableaux de groupes. Jia Zhang Ke joue avec les formes des corps placés dans l’espace afin d’équilibrer les masses, avec le modelé des torses vus de face, de profil, de dos, debout, allongés. Il joue avec les couleurs des peaux plus ou moins brunies par les travaux au grand soleil, plus ou moins luisantes, mates au repos, mouillées de transpiration dans l’effort et brillantes à la lumière. Ces informations visuelles renseignent