Les Jeux Olympiques (JO) sont la plus grande compétition sportive
internationale réunissant tous les quatre ans, dans les principales disciplines,
les meilleures délégations de la planète : un des événements les plus médiatisés
au monde. La première participation africaine à cette compétition date de 1908,
avec la présence de l’Afrique du Sud à Londres. Depuis lors, la présence du
continent africain s’est accrue. Cette année à Pékin, l’Afrique est encore au
rendez-vous. A l’heure où les puissances asiatiques (Chine, Inde et Japon)
s’investissent en Afrique, le continent noir cherche son reclassement sur la
scène internationale. Il faut donc s’interroger sur les valeurs que l’Afrique et
l’Asie, plus particulièrement la Chine, sont en train d’explorer à l’occasion de
ces Jeux. En d’autres termes, quels sont les enjeux (sportifs, stratégiques,
diplomatiques, militaires…) et les défis (intellectuels, matériels, économiques,
financiers, culturels, symboliques) à mettre sur la table par l’Afrique et par
l’Empire du Milieu, tous en quête de leur place sur l’échiquier mondial ? Cet
Empire, membre permanent du Conseil de Sécurité/ONU, accumule aujourd’hui tous
les attributs d’une grande puissance, sans égaler les Etats-Unis : militaire,
financière, diplomatique, commerciale. L’Afrique cherche ses rééquilibrages
internes et externes. Les Jeux de Pékin 2008 vont-ils être l’occasion pour ces (deux)
acteurs de se rapprocher davantage et de tisser des liens plus étroits ? Billard
à bandes multiples, sport pourtant peu olympique… Au demeurant, ces acteurs en
ont-ils les moyens. Et surtout pour quelles perspectives au nom des liens
affectifs maintes fois proclamés entre Chine, leader tiers-mondiste, et Afrique,
continent le plus pauvre au monde ?
Avant tout, dans un passé récent, l’Afrique et la Chine sont reconnues, à
travers leurs pratiques et leurs interactions au sein du mouvement olympique
comme ayant contribué à sa structuration en participant à sa reproduction et à
sa transformation par la consolidation de son universalité. L’Afrique, plus
particulièrement, a œuvré à la reconstitution de l’olympisme et à sa reconquête
de crédibilité par des actions mettant hors-jeu les Etats indignes (Afrique du
Sud) et leurs soutiens. Mais par-dessus tout, les JO n’occultent pas plusieurs
autres enjeux – dont certains spécifiques à l’Afrique et à la Chine. Enjeux,
certes partagés par tous les participants, mais à réactiver prioritairement et
bilatéralement dès Pékin 2008. Pour ne pas être définitivement hors jeu.
Les JO, comme toute structure, contraignent, mais aussi construisent, mettent à
jour et à nu les identités et les intérêts des Etats. Les pays africains
représentés, leurs athlètes ainsi que les sportifs d’origine africaine s’y
retrouvent à bon compte. En raison de leur légitimité acquise, de leur forte
médiatisation, de leur poids symbolique et des ressources politiques ainsi
offertes par les Jeux. Les compétitions olympiques, replacées dans le contexte
politique international et dans le contexte socio-économique, politique et
culturel des Etats participants et des athlètes, sont un adjuvant à l’action
socio-économico-politique globale, tant sur la scène internationale que
nationale.
Sur la scène internationale, les JO constituent une structure où les Etats
construisent, à partir de leurs intérêts nationaux, leurs identités : identité
de rôle (la grandeur), identité de type et identité collective (la légitimation
internationale). Identité de rôle à travers les JO considérés, par la plupart
des dirigeants africains, comme une vitrine de la vitalité et de la grandeur de
leurs Etats grâce aux exploits de leurs athlètes (dans la Grèce antique, le
sport contribuait au rayonnement des Cités). Même si les rencontres olympiques
ont pour but officiel de rassembler les peuples dans un esprit de paix et
d’amitié, dans les faits, la plupart des nations ont utilisé les JO pour
affirmer leur supériorité ou leur identité par le décompte des médailles, des
victoires, du nombre de participations, de participants, de records… Pour les
pays africains en particulier, la victoire des athlètes de couleur corrige
l’image d’Epinal que l’Occident jette sur leur continent comme sur une grande
partie de l’Asie et de l’Amérique latine. C’est-à-dire réservoirs de matières
premières, déversoirs des déchets toxiques, bastions de guerres civiles, fiefs
de pandémie du sida et terres de famine. La victoire non seulement permet de
faire entrer le pays élu et distingué dans les annales des JO, le sort de
l’anonymat, le fait exister à l’échelle planétaire, le temps d’une finale. Avec
les bonnes performances des athlètes aux JO, enfin la cour des Grands ! Avant de
naître et s’épanouir au monde. Car, au cours de ces Jeux, des cérémonies de
remise de médailles sont organisées pour célébrer les vainqueurs de chaque
épreuve. Les concurrents obtenant les première, deuxième et troisième places
montent sur le podium de gloire et d’honneur pour recevoir les médailles d’or,
d’argent et de bronze. Les drapeaux des pays de chacun de ces trois athlètes
sont hissés tandis que retentit l’hymne national du pays ayant remporté la
médaille d’or. Ces cérémonies, auxquelles ont pris part des athlètes africains
depuis 1908, gravent ainsi les noms de leurs pays au firmament olympique. Ainsi
le président Paul Biya, a envoyé à Sydney, après la victoire de l’équipe
nationale de football du Cameroun aux JO de 2000, un message aux joueurs et à
l’encadrement des Lions Espoirs : « en cette occasion de liesse et de grande
ferveur patriotique, il m’est particulièrement agréable de vous adresser, au nom
du peuple camerounais tout entier et en mon nom personnel, mes plus vives et
chaleureuses félicitations pour cette prouesse qui honore notre pays. Par votre
virtuosité, votre ténacité et votre sens élevé du patriotisme, vous avez bravé
toutes les épreuves pour graver le nom du Cameroun dans les annales des Jeux
olympiques ».
Pour les Camerounais comme pour bien d’autres Africains (dans diverses
disciplines et surtout en athlétisme), les Jeux de Pékin vont encore être un
terrain d’excellence pour y briller. Athlètes de l’Afrique noire (Nigeria,
Afrique du Sud, Côte-d’Ivoire) comme de l’Afrique blanche (Egypte, Maroc,
Algérie…) veulent y confirmer leur suprématie en athlétisme et glaner plus de
médailles dans des disciplines collectives, en dehors du football et du hockey
où ils ont déjà fait leur preuve. Donnant ainsi à l’Afrique l’image d’un
continent qui se développe et qui prend son propre destin en mains. Ceci à
travers les performances attendues, eu égard aux préparations sérieusement
effectuées dans plusieurs pays. Les lauriers des athlètes vont braquer le zoom
planétaire sur les pays représentés, du fait de la grande médiatisation des
compétitions. Les victoires des pays africains, surtout face aux pays
développés, peuvent enlever leur complexe d’infériorité et les inciter à se
considérer égaux des plus Grands comme en 1996 : en effet, les Super Eagles du
Nigeria, en remportant le titre olympique de football, ont offert, du même coup,
à l’Afrique son premier titre olympique dans un sport collectif. Après avoir
éliminé le favori brésilien en demi-finales, ils ont battu l’Argentine au terme
d’une rencontre aussi incertaine que spectaculaire. Cette grandeur acquise dans
la victoire sportive lors des JO a été renforcée par des messages de
félicitation et de reconnaissance des dirigeants de nombreux pays, parmi
lesquels ceux des grandes Puissances. Cette identité de rôle (grandeur acquise
par des pays récompensés à travers les performances de leurs athlètes aux JO)
concourt également à la valorisation collective de soi par la construction de
l’identité collective. A l’exploit possible, chaque Africain se sent désormais
concerné.
La participation des Etats africains aux JO devient impérative. Car ces Jeux ont
représenté, depuis la Première Guerre mondiale, un rendez-vous prestigieux,
assurant une visibilité internationale incontournable : la participation des
pays africains à ces manifestations sportives d’envergure universelle offre à
leurs régimes une légitimité mondialisée. Ce qui signifie leur intégration à la
communauté internationale. Chacun veut être présent : la non-qualification pour
la phase finale des Jeux est, dans certains pays, catastrophe nationale, la
participation étant, pour beaucoup de pays, déjà une victoire en soi. Ces Jeux
permettent aux Etats élus de faire flotter leurs couleurs à l’ouverture de
l’Olympiade, et bien haut encore, en cas de victoire d’un athlète ou de succès
d’une équipe. Déjà lors de la cérémonie d’ouverture, les sportifs défilent dans
le stade sous les couleurs de leur pays. Ensuite, tout au long des Jeux, les
drapeaux des pays en compétition flottent aux mâts olympiques et leurs fanions
sont tenus par leurs supporters revêtus de leurs plus beaux atours et de leurs
plus symboliques emblèmes nationaux dans les tribunes. Pour être vus, connus et
reconnus dans le monde entier, notamment grâce à la télévision. Se draper dans
les couleurs nationales, au moment de la victoire, et faire un tour d’honneur du
stade – standing ovation – est devenu un rituel incontournable pour exprimer
amour et fierté du pays natal. Enfin, lors de la cérémonie de clôture, les
athlètes sont réunis dans le stade, toujours sous les couleurs de leur pays,
mais dans le mélange inouï des langues et la fraternité inoubliable de toutes
origines. Débauche de coloris et sons pour le « ce n’est qu’un au revoir ». D’où
l’importance des Jeux olympiques pour les jeunes nations africaines depuis leur
accession à l’indépendance. Leur forte participation acquise et leurs promesses
à marquantes prestations rassurent d’ores et déjà les organisateurs de Pékin
2008.
Les Jeux olympiques contribuent également à la construction des identités et des
intérêts de certains champions africains et de ceux d’origine africaine.
L’identité « nègre » réclamée par les champions noirs américains aux JO de
Mexico (1968) et la renommée des champions africains, en sont les deux
principaux marqueurs des JO en faveur des athlètes. Car, dans l’ensemble, les
Jeux construisent la renommée des vainqueurs qui la capitalisent après. Les
sportifs – tout comme les artistes noirs dans d’autres domaines – ont fait
respecter la négritude par l’excellence. Auparavant, lors d’autres JO. Comme
bientôt à Pékin. Déjà avant les Jeux, la perspective d’être sélectionné est le
rêve caressé de chaque athlète. Une volonté inébranlable et de longues années
d’efforts et d’entraînement acharné sont le prix à payer pour y participer. Etre
qualifié pour les Jeux, c’est être parmi les meilleurs : olympien, médaillé ou
non. Rêve assouvi. Car la participation aux Jeux est ce qui compte le plus pour
la majorité des concurrents : avoir l’honneur de représenter leur pays, se
retrouver parmi les sportifs d’élite, avoir l’occasion de fournir le meilleur
d’eux-mêmes. Tout cela, c’est l’esprit des JO. Pour Pierre de Coubertin, «
l’important dans ces olympiades, ce n’est point le triomphe mais le combat ;
l’essentiel, ce n’est pas d’avoir vaincu mais de s’être battu ».
Mieux : après les Jeux, les vainqueurs sont considérés comme de véritables
stars. Pour beaucoup, ils sont modèle, exemple à suivre. Ils sont adulés pour ce
qu’ils représentent. Ils ont atteint la gloire « par leurs propres forces et non
parce qu’ils ont eu la chance d’être bien nés, fils de… » (Christian
Bromberger). Ils sont des vedettes sportives internationales que les publics de
tous les pays s’approprient. Ainsi les athlètes Bekele Kenenisa et Gebrselassié
Hailé, plusieurs fois médaillés d’or aux JO, sont plus connus dans le monde que
le Président éthiopien Meles Zenaoui. Il en est de même des footballeurs
camerounais Samuel Eto’o Fils et Patrick M’boma, médaillés d’or à Sydney, plus
connus que leur Président Paul Biya. Ils suscitent, de toute façon, plus
d’enthousiasme que leur chef d’Etat. Le sentiment d’adhésion qu’ils provoquent
ne se limite pas à des choix nationaux. On peut aimer Patrick M’boma même si on
est japonais, vouloir porter le maillot de Samuel Eto’o Fils bien qu’espagnol,
admirer Gebrselassié Hailé même sans être marathonien ! Dans le village
planétaire qu’est le monde contemporain, les champions des JO sont les plus
connus des citoyens, les plus adorées des icônes. Les Jeux de Pékin vont offrir,
aux nouveaux champions africains, l’occasion d’être connus et aux anciennes
gloires d’être reconnues. En plus, pour les athlètes, un titre olympique
représente souvent l’apothéose d’une carrière. Exceller dans un domaine assumé,
c’est réussir une vie. Rêve abouti.
Les JO construisent également des identités et des intérêts sur la scène
nationale, tant pour les Etats que pour leurs athlètes. En raison de leur
importance grandissante, de leur capacité à véhiculer une image plus positive
au-delà des frontières, les JO ont souvent été utilisés à des fins de propagande
pour servir des intérêts politiques et économiques internistes. Déjà, en 1936 à
Berlin, le régime nazi s’est approprié les Jeux. De même, de plus en plus de
pays africains utilisent leurs vainqueurs aux JO pour mobiliser nationalisme et
(ré)enchanter l’esprit patriotique sur le plan politique. L’identité de type ne
va pas être absente avant, pendant et après les Jeux olympiques de Pékin 2008.
Le football, grande discipline olympique successivement remportée par le Nigeria
et le Cameroun, est déjà un vecteur du nationalisme et de rivalités. Le sport
devient ainsi un argument de construction d’identité nationale et d’affirmation
collective.
Dans toute l’Afrique, les jeunes Etats-nations considèrent le sport - par
l’imaginaire produit et le positif véhiculé - comme moyen de l’indépendance
nationale. Ils y ont recours pour affirmer leur existence. Aviver le
nationalisme sportif avec sa forte charge symbolique, c’est faire surgir la
Nation à elle même mais aussi aux yeux de la communauté internationale.
D’ailleurs, plusieurs objectifs sont assignés au sport, qui échappent à l’enjeu
sportif. Au Cameroun, par exemple, le sport avait, pendant les deux premières
décennies de l’indépendance, pour missions : renforcer l’unité nationale,
prouver la vitalité du sport camerounais à l’extérieur, développer l’esprit
d’équipe et animer l’unité africaine. Instrument de l’indépendance nationale, le
sport et, plus particulièrement les JO, sont facteurs de souveraineté et de
cohésion nationale dans plusieurs pays africains relativement jeunes, formés de
conglomérats de cultures, de religions et d’ethnies. Être dans la dynamique
olympique, c’est créer ou recréer des repères évanouis ou effacés. En dernière
analyse, les consécrations olympiques ont une fonction positiviste
d’identification et d’attachement à l’ordre établi, légitimant de manière
acritique l’ordre social établi qu’elles présentent et cet état de fait, de
façon neutre, sans contradiction. Phénomène attendu des victoires africaines au
cours des Jeux de Pékin dans leur résonance interne et externe.
Par delà la ferveur collective attachée aux médailles remportées par un pays, le
podium olympique peut aussi être une tribune politique pour exprimer une passion
patriotique Ainsi, le Burundais Venuste Nyongabo, après avoir franchi la ligne
d’arrivée du 5000m en vainqueur aux JO de 1996, a appelé à la paix et à la
concorde entre les siens, qu’ils soient Tutsis ou Hutus. Car il venait d’un pays
où les conflits ethniques sont chroniques comme au Rwanda voisin. Geste attendu
à Pékin, surtout chez certains athlètes africains provenant des pays en crise
(Côte d’Ivoire, Soudan, République Démocratique du Congo ou Kenya). Aussi, les
athlètes rêvent-ils de défendre les couleurs nationales : représenter son pays
c’est obtenir fétiche magique ou talisman précieux, pour lequel il n’est pas
rare de voir pleurer quelques sportifs sentimentaux. Le sportif d’Etat se bat
alors pour une idée abstraite mais pour assurer le triomphe de l’Etat réel,
devenant souvent plus ambassadeur en mission, représentant d’une nation que
concurrent individuel. Autant de valeurs que Pékin 2008 va permettre aux
athlètes africains de défendre ou de raviver. Emotions fortes garanties.
Télé-réalité(s) inégalable(s).
Les JO de Pékin suscitent également d’autres enjeux pour l’Afrique.
Sur le plan économique, le continent noir veut vendre ses matières premières.
Non seulement la diversification des clientèles est nécessaire pour obtenir plus
de respect et de qualité dans les relations de l’Afrique avec le monde
occidental, mais la nouvelle concurrence offerte par les Chinois, la simplicité
dans les négociations bi-latérales, le dynamisme des Chinois sur place en
Afrique, l’espace de liberté et de mouvement qu’offre le continent en
comparaison avec la Chine, sont formidablement excitantes et naturellement
motivantes. Ceci explique pourquoi l’Afrique est une destination prioritaire
pour beaucoup de Chinois dans les années à venir. En plus, la construction des
infrastructures (stades, complexes sportifs, palais des congrès et résidences
présidentielles, ponts, routes) à des prix défiant toute concurrence est
alléchante pour l’Afrique. Avec leur prédilection pour la stabilité politique
des régimes en place, les Chinois se gardent bien d’évoquer les sujets qui
fâchent et finissent souvent par trouver des points de convergence sur des
sujets comme les droits de l’homme, le travail des enfants, la non-ingérence
dans les affaires politiques et économiques avec les dirigeants africains. La
participation des Africains aux Jeux de Pékin est de nature à renforcer ces
liens économiques pour acquérir l’expérience et exploiter l’énergie de la Chine,
pour insuffler diversité et dynamisme aux efforts de développement du continent.
L’Afrique doit également profiter de Pékin 2008 pour vendre son acquis sur le
plan sportif et valoriser son capital culturel et touristique. Exporter,
attirer, vendre et se vendre, de différentes manières, auprès de ce géant
partenaire. Pas si facile quand d’autres paons font la roue devant le panda
chinois...
Les enjeux des Jeux de Pékin sont donc énormes pour l’Afrique. Ils ne sont
satisfaits que si les Etats africains participent aux Jeux pour se faire
découvrir par leurs exploits. Être voyants et visibles et séduisants et
flatteurs pour les Chinois. Sans déplaire au reste de la communauté
internationale (Tchad, Burkina Faso et Rwanda pour leurs tout premiers JO) ont à
étaler leurs potentialités sportives et nationales quand d’autres se font
redécouvrir en confirmant leurs exploits passés (Afrique du Sud, pays africain
ayant remporté le plus grand nombre de médailles, Ethiopie, le plus titré en
athlétisme en Afrique et Egypte, pays le plus médaillé en Afrique blanche).
La Chine qui organise ces Jeux 2008 cultive également plusieurs intérêts.
Tout d’abord, Pékin, comme grand rendez-vous sportif international, est une
nouvelle occasion offerte à la Chine de capter les regards, de rayonner plus sur
la scène internationale, de confirmer son statut de grande puissance et d’être
le centre du monde (ne serait-ce que l’instant) durant le temps des compétitions
olympiques. A l’égal - sinon plus - d’un pays hôte de la Coupe du monde de
football. La réussite matérielle et sécuritaire de l’organisation des Jeux va
donner de la Chine l’image d’un pays sérieux (surtout avec les menaces
terroristes actuelles) et performant. Modèle pour tout Etat africain dans une
candidature à une manifestation d’envergure mondiale. Gestion impeccable des
Jeux, infrastructures somptuaires (aéroports, stades, routes, hôtels…),
bâtiments modernes et prestigieux (Opéra, Centre international de
communications) doivent inspirer certains pays africains (Afrique du Sud
organisateur en 2010 de la Coupe du monde de football) et d’autres pays
candidats à l’accueil de compétitions sportives majeures comme la Coupe
d’Afrique des nations de football ou les Jeux panafricains. D’autres enjeux -
visibles comme invisibles - existent pour la Chine dans ses rapports avec cette
Afrique si tentante et tant convoitée.
En effet, sans passé colonial en Afrique et après d’âpres luttes pour imposer
auto-détermination et stature, la Chine, comme l’Inde et le Japon, marque des
points sur tous les plans sur le continent africain. Au plan international, 3
mots clés : commerce, coopération, conquête de matières premières. Au plan
régional, 3 maîtres-mots : commerce, coopération, contrôle. Echanges facilités
entre gouvernements locaux, entrée en force de la Chine dans le capital des
banques africaines, assistance financière et économique, investissement dans
l’éducation, la science, la culture, la santé. Au plan global, politiques tous
azimuts : paix et sécurité, approfondissement du forum Chine-Afrique lancé en
2000, coopération agricole, tourisme prospectif et contrôle des espaces
intéressants, relations privilégiées avec les dirigeants africains. Partout une
diplomatie du sourire et de la main tendue. Seuls les rivaux potentiels rient
jaune.
Cette véritable offensive économique et diplomatique de la Chine en Afrique
n’est plus une option. Mais un impératif, une obligation pour ce pays qui
souhaite promouvoir une politique différente, axée officiellement sur une
approche « gagnant-gagnant » (win-win). S’il est rare d’entendre parler de
démocratie, de droits de l’homme, d’égalité entre citoyens, de conditionnalités
pour accéder à une coopération avec la Chine, il est en revanche facile de
comprendre qu’il est question de pénétration d’un marché où des prés carrés
occidentaux risquent de se rétrécir et disparaître à termes. Derrière les
déclarations de coexistence pacifique et de partenariats complémentaires, la
Chine, troisième partenaire commercial de l’Afrique (derrière Etats-Unis, France
mais devant Royaume Uni), tisse sa toile. Pour le moment, « aspirateur » des
ressources africaines. Avant d’en être prédateur. En position dominante. Pékin
2008 arrive à point nommé pour négocier et signer des contrats mirobolants avec
certaines délégations africaines, en marge des compétitions officielles. Cartes
sur table, mais atouts dans la manche. La Chine, longtemps victime des traités
inégaux, est devenue experte pour les ramener à son profit.
Les stratégies d’approche des Chinois en Afrique, sûrement renforcées après les
Jeux de 2008, sont subtiles. Jusqu’au milieu des années 1970, il s’agissait
plutôt de construire la solidarité entre deux continents appartenant au même
monde : celui des pays sous-développés. Elle a démarré avec des secteurs de
prédilection pour l’une et de nécessité pour les autres : matériaux de
construction, textiles et pharmacie. Anti-impérialiste proclamée, la Chine s’est
infiltrée en contrepoids à l’Occident, dans les territoires épargnés par les
Etats-Unis et l’URSS (Ethiopie, Ouganda, Tanzanie, Egypte…). Dans les années
1980, alors que le Nord et l’URSS se retirent de l’Afrique et que l’aide
occidentale au développement chute de moitié, Pékin maintient ses liens sur
place, en les diversifiant. Abandonnant l’exportation de sa boîte à outils
révolutionnaire, la Chine dit se consacrer désormais à l’essor de son commerce
extérieur et de ses investissements à l’étranger. En Afrique, elle vient
pénétrer en force dans les services, l’électronique, le textile et
l’habillement, et la transformation sur place de certains minerais… Rapidement,
elle a adopté une stratégie conquérante en subventionnant la formation des
ressortissants chinois encouragés à apprendre les langues locales africaines.
Cela a permis de pénétrer les campagnes, de rechercher des molécules rares dans
la flore locale, de faire avancer la vente des produits de la pharmacopée
chinoise, mais aussi d’utiliser le sol africain pour produire des variétés
difficiles à faire pousser en Chine (manioc à l’est du Cameroun). Beaucoup de
Chinois viennent travailler comme main d’œuvre docile dans les travaux publics
et le bâtiment. Acquérant une géographisation intime de ce qui est utile à
l’Empire du Milieu en Afrique. Puis, déplaçant petit à petit la focale des
campagnes vers les centres urbains. Aujourd’hui, ce sont des commerçants
véritablement aguerris et adaptés au terrain, ayant pris contrôle des
principales artères commerçantes dans les villes africaines. Il suffit de voir
au Sénégal, au Cameroun, au Bénin ou au Gabon, comment des petites boutiques
semblent changer de propriétaires rapidement.
En plus, la Chine a mené ces dernières années, une grande offensive économique
et diplomatique. Il est d’usage, depuis 17 ans au moins, que le chef de la
diplomatie chinoise effectue une tournée en Afrique à chaque début de l’année.
Beaucoup plus prioritaire, aux yeux de Pékin, qu’aucune autre visite ailleurs
dans le monde. En novembre 2006, Pékin a organisé un grand sommet sino-africain
avec 48 nations africaines représentées par 41 chefs d’Etat ou de gouvernement.
Car si les matières premières doivent alimenter ses ateliers (la Chine est 2e
consommateur de brut de la planète : plus de 25% de ses importations de pétrole
proviennent du Golfe de Guinée), il faut également des clients pour consommer
ses produits. Aussi, l’Afrique est devenue une seconde patrie pour beaucoup de
coopérants chinois venant d’un pays surpeuplé. Le nombre de Chinois s’accroît de
jour en jour en Afrique, surtout dans des pays à fortes potentialités
économiques, comme le Cameroun et le Gabon. Certains se sont même mués en
musiciens, jouant le rythme local en langue locale à l’instar du regretté Liodi
Kamer au Cameroun. Unique logique d’intégration ? A cela s’ajoute la stratégie
discursive de séduction mettant en exergue le rapprochement entre la Chine et
l’Afrique. Stratégie activée lors des rencontres internationales, des voyages de
dirigeants entre Chine et Afrique et portant sur le tiers-mondisme, la défense
du non-alignement, la célébration de la coopération Sud-Sud…
Cette offensive chinoise ne plaît pas à beaucoup de pays asiatiques et
occidentaux. Taiwan a accusé, en mars 2007, la Chine de pratiquer la diplomatie
du carnet de chèques en Afrique. Afin d’étendre son influence et d’éclipser
Taiwan sur la scène internationale. Ceci d’autant plus que certains pays
africains (Tchad, Sénégal, Libéria, Afrique du Sud…), ont décidé de ne plus
reconnaître Taiwan, lui préférant désormais la Chine, depuis l’arrivée à Taipei
du président indépendantiste Chen Shui-bian en mai 2000. Les puissances
occidentales redoutent également de voir le géant chinois verrouiller le
réservoir de matières premières africaines. Même si dans la coopération
sino-africaine, les Chinois surveillent de très près les Occidentaux, il y a
aussi d’autres puissances émergentes comme le Brésil qui lorgnent l’Afrique. Les
Chinois sont aussi très attentifs à l'islam. Ses services secrets "marquent à la
culotte" les imams et les madrassas qui ont repris pour le compte de l'Umma les
méthodes chinoises. Arpenter le terrain, vivre près de la population, la
soigner, l'éduquer, l'aider matériellement et spirituellement (à cause du
déficit mental, moral, culturel et cultuel de l'après-colonisation). C’est dire
que l'islam est le rival, pour ne pas dire l'ennemi redoutable de la Chine en
Afrique dans les décennies à venir. Malgré tout, la Chine et l’Afrique partagent
en commun des enjeux et des intérêts à consolider à Pékin 2008.
L’Afrique apporte ses matières premières dans la corbeille et ses voix dans les
urnes de la diplomatie internationale. C’est la raison pour laquelle la Chine
aimerait avancer avec elle au sein des arènes internationales. Le Président
chinois, lors du sommet Asie-Afrique à Djakarta en 2005, a indiqué les domaines
dans lesquels les acteurs agiraient de concert : maintien des buts et principes
de la Charte des Nations Unies, renforcement de la consultation et de la
coopération dans le cadre de l’ONU et des organisations multilatérales,
démocratisation et légalité des relations internationales. Cette idée a été bien
reçue par les Africains. A ce sommet, selon le Président sud-africain, président
en exercice de l’Union Africaine, « chaque jour, le processus de mondialisation
souligne le grave déséquilibre dans la répartition du pouvoir mondial, et il est
donc impératif que nous utilisions notre force collective pour parvenir à la
restructuration et à la démocratisation des Nations Unies et des autres
organisations multilatérales ». S’agissant plus précisément de la réforme de
l’Organisation Mondiale, elle intéresse au plus haut point les deux partenaires
et va mobiliser certaines rencontres informelles entre délégations africaines et
chinoise à Pékin. A l’abri de regards indiscrets. En effet, la Chine, comme
l’Afrique, sont favorables à la réforme du Conseil de Sécurité des Nations
Unies. Le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Sénégal, l’Egypte, le Kenya et la Libye,
sont candidats à l’un des sièges de membre permanent issu du continent noir,
promis par la réforme Annan. La Chine n’est ni pour ni contre, moyennant, en cas
de nécessité, son soutien aux candidats africains et ceux d’autres régions. En
arrière plan des Jeux, la voix de la Chine à l’ONU est très convoitée par ces
pays africains candidats. De son côté, la Chine, semblant miser sur l’Inde pour
contrer le Japon dans la course aux nouveaux sièges de membres permanents, a
besoin aussi du soutien africain tant des candidats à un siège que des non
candidats. Poker menteur à tous les étages.
Le sommet Asie-Afrique de Djakarta a souhaité engager un partenariat stratégique
entre l’Asie et l’Afrique, pour encourager des relations commerciales et des
investissements entre les deux continents. Les leaders africains présents à ce
sommet sont conscients de l’importance croissante des pays d’Extrême-Orient
comme partenaires économiques. L’Afrique est le premier réservoir des matières
premières des géants asiatiques que sont la Chine, l’Inde et le Japon, dont les
économies dynamiques ont des besoins croissants. L’Asie, de son côté, alimente
le continent noir en produits manufacturés bon marché tout en développant ses
investissements en Afrique. Lors de ce sommet, le Président chinois a annoncé un
nouveau partenariat stratégique Asie-Afrique à long terme, stable et
substantiel, adapté aux changements du temps : la solidarité politique, la
coopération économique et les relations culturelles forment la base d’une
nouvelle approche reposant sur l’esprit de Bandung, sur la paix et la
coexistence pacifique par des dialogues fréquents et approfondis. Il faut
rechercher ce qui rassemble ou ce que les deux continents ont en commun et
mettre de côté les différences. Sur le plan économique, il faut trouver les
approches facilitant des partenariats complémentaires « gagnant-gagnant ». Dans
un livre blanc publié au début de 2006, la Chine a posé les principes de son
action en Afrique mettant l’accent sur ce nouveau partenariat win-win : la Chine
œuvre à établir et à développer un nouveau partenariat stratégique marqué par
l’égalité et la confiance mutuelle sur le plan politique, la coopération dans un
esprit gagnant-gagnant sur le plan économique. L’Afrique doit profiter de
l’expérience chinoise dans le développement économique, modèle performant et
réussi. Et pour la Chine, c’est significatif d’avoir des relations politiques et
économiques avec l’un des plus grands marchés de demain. Pékin 2008 doit
également mettre à jour ce partenariat stratégique Asie-Afrique : à chacun
d’étaler ses cartes et montrer ses atouts.
Sur le plan culturel, les JO donnent lieu à diverses manifestations, des
expositions d’art tant des pays organisateurs que des pays participants. Ainsi,
Pékin 2008, comme vitrine, va permettre aux pays africains et à la Chine de se
vendre pour attirer touristes et experts, pour globaliser la coopération
sino-africaine et pour renforcer leurs relations bilatérales. Sur le plan
diplomatique, Pékin 2008 va être, pour eux, l’occasion unique de se rapprocher
davantage et de tisser des liens encore plus étroits. En participant aux Jeux de
Pékin, les Etats africains peuvent rappeler au peuple chinois la profondeur de
l’amitié « séculaire et indéfectible » qui les lie. Les nuances protocolaires
affichées par les Chinois entre les délégations africaines et celles d’autres
continents au cours de la compétition, vont être scrutées et déchiffrées à
l’aune du traitement accordé par la Chine au continent ami par rapport à
d’autres. Ceci met assurément en relief les priorités stratégiques et
diplomatiques actuelles de la Chine. La présence aux Jeux des Etats africains
peut renforcer des relations au beau fixe. Les événements olympiques sont très
liés aux soubresauts annoncés géopolitiques, se traduisant surtout par la
pratique du boycottage. Une pratique déjà utilisée par les pays africains aux
Jeux de Mexico (1968) et de Montréal (1976). Pékin le redoute. Mais le craint-il
des Africains ? Personne n’y a, semble-t-il, intérêt.
La Chine, puissance émergente confirmée, a plus de moyens de satisfaire ses
appétits que l’Afrique : son développement anime tous les dirigeants chinois,
comme rebond sur les ressources primaires africaines. La situation de l’Afrique
est plus problématique. Tout d’abord, aucun pays n’a pu se développer, juste en
vendant des matières premières. Ensuite, les leviers du développement de
l’Afrique (savoir-faire, ressources financières…) sont surtout tributaires de
ses relations avec les partenaires occidentaux et asiatiques. Enfin, la volonté
des dirigeants africains n’est pas aussi affirmée que celle de leurs homologues
chinois. L’Afrique a beaucoup à apprendre des stratégies économiques,
commerciales, financières et diplomatiques de la Chine. Les relations
sino-africaines ont à faire gagner au continent des raccourcis de savoir, de
connaissance, de réplication et d’invention. L’Afrique doit exploiter
l’expérience et l’énergie de l’Asie, et surtout de la Chine, pour insuffler
diversité et dynamisme aux efforts de son développement : en 2005, selon le FMI,
l’Afrique a obtenu son meilleur taux de croissance en 30 ans (5,8%), en partie
grâce à l’investissement de la Chine. Cependant, cette relation privilégiée n’a
pas à mettre en péril l’économie nationale face aux produits et à la main
d’œuvre bon marché chinois. L’Afrique doit demander à la Chine de l’aider à
produire afin d’exporter des produits à valeur ajoutée. La croissance économique
en Afrique, la réduction de la pauvreté et le retour à la confiance dans un
partenariat vrai où tous « gagnent » réellement sont à ce prix. C’est une chance
pour l’Afrique si ses dirigeants prennent conscience de cette nouvelle
opportunité se profilant à l’horizon (la Chine, parmi les nouveaux partenaires,
n’affiche pas une coopération qui appauvrit l’une des parties). Cela peut, après
tout, sinon sonner l’heure de l’Afrique, du moins lui permettre de reprendre
pied dans la compétition économique mondiale. Aux décideurs africains d’être au
rendez-vous : parés au maximum, en rangs serrés et en ordre de bataille. Ne pas
jouer solo. A front solidaire. Pour renverser la vapeur au profit de l’Afrique.
Vœu pieux ?
En définitive l’avenir semble prometteur : nombre de gouvernements africains
sont favorables à la venue d’entreprises chinoises pour rétablir l’équilibre
avec la situation dominante des groupes occidentaux dans les ressources
naturelles en Afrique. La Chine est alors une chance pour l’Afrique, enjeux et
intérêts réciproques bien compris et mis en œuvre. L’Empire du Milieu, bon
compagnon de route sur la voie du développement, ne doit pas se muer en
prédateur rusé des ressources naturelles africaines. Les Jeux de Pékin offrent
une opportunité à l’Afrique : à elle de la saisir. Reste cependant un
questionnement : ces Jeux sont-ils de nature à positionner ce continent sur les
lignes de force, de vie, d’avenir de l’échiquier international ? Echiquier
totalement stratégique, marchand et calculateur où chaque acteur joue pour
gagner. Les pays africains, ne brillant, pour la plupart, sur la scène
internationale que par le sport, peuvent-ils trouver une place dans la dynamique
de la mondialisation en cours. Il n’y a pas que le football (« stade suprême de
la mondialisation » ?) et le sport dans la vie des nations. Les Etats-Unis, qui
sont la tête de pont de la mondialisation, ne sont pas une grande puissance
sportive et ils n’ont pas pu imposer au reste du monde leurs propres standards
sportifs. C’est dire que le sport sur lequel beaucoup d’Etats africains fondent
leurs actions sur la scène internationale, n’est pas le seul moyen d’action et
qu’il existe d’autres qui conduisent aux mêmes résultats et sont peut-être plus
nobles. Car la plupart d’entre eux ne manque pas d’atouts. Ce qui explique que
la première puissance mondiale s’y intéresse de plus en plus. Cependant, les
Etats-Unis n’ont que 3 pays-cibles en Afrique (2 de culture anglo-saxonne : le
Liberia dont la capitale Monrovia vient du nom de l’ancien président Monroe,
l’Afrique du Sud ouverte sur 2 océans (Atlantique et Indien) et le Maroc, à
cheval sur l’Atlantique et la Méditerranée. L’avenir des échanges est sur la mer
et la liberté sur les océans est primordiale. La projection de puissance par les
flottes stratégiques américaines positionnées sur les 5 océans permet de faire
l’économie de l’ancien système de bases britanniques, françaises ou américaines
terrestres. Et là, pour le moment, la Chine est battue à plate couture alors
qu’elle a entrepris son « neuvième voyage du dragon » (allusion aux 8
expéditions navales de l’amiral Zheng He qui l’ont conduit jusqu’aux côtes
est-africaines). Cet intérêt pour l’Afrique doit profiter aux pays concernés
pour faire décoller leur économie. Mais aussi une obligation impérieuse
s’impose, celle de revoir de fond en comble les organisations politique,
économique, sociale, sanitaire, culturelle et éducative. Ceci afin de se mettre
à jour de la communauté internationale et d’éviter toute marginalisation. La
Chine qui ambitionne de jouer un rôle de premier plan sur la scène
internationale, pourrait constituer un contrepoids aux puissances occidentales
et offrir à l’Afrique, à travers les Jeux de Pékin 2008, les chances de
consolidation de ses relations amicales et de participation à la construction du
nouvel ordre mondial. Tout simplement en traduisant dans les faits un de ses
multiples proverbes : « on accueille les invités mais on reçoit les amis ».
Hilaire de Prince POKAM, GREASIE/Université de Paris X-Nanterre
princepokam@yahoo.com