Les modes d’intervention des ONG
Bảo Dziên

La pauvreté de démocratie, qui a été désignée comme la mère de toutes les pauvretés, est favorisée par le totalitarisme. Ainsi, tant que ce dernier existe, la lutte pour le développement sera vaine et sans issue. Or, dans les pays totalitaires, les obstacles à la démocratisation sont à la fois les structures (bureaucratie, inégalité, injustice, etc.) et les pratiques (corruption, répression des initiatives politiques et économiques), favorisées par un pouvoir qui reste absolu. Par conséquent, la lutte pour le dévelop-pement consiste en premier lieu à abolir ce pouvoir absolu, qui est à l’origine de tous les maux, et à le remplacer par un État de droit et un régime pluraliste, sans lesquels la démocratie n’est que lettre morte. Cependant, parallèlement à cet objectif d’instaurer un État de droit où la démocratie va permettre le développement du pays, il s’agit aussi de préparer la population à pouvoir vivre cette démocratie, cette liberté, sinon, ces valeurs sont comme un couteau à double tranchant, elles vont nuire à celui qui ne sait pas s’en servir. Ainsi, il faut initier le peuple à des institutions et à des pratiques démocratiques. C’est là que l’intervention des ONG par le biais des projets de développement communautaire est pertinente. Car, dans leurs actions, les ONG mettent toujours l’accent sur la démocratie, la justice, l’égalité, la défense des droits, l’empowerment de la population locale.

Par ailleurs, les projets d’empowerment cherchent à faire des bénéficiaires des individus actifs et responsables, capables de prendre en charge leurs propres vies et capables de constituer une communauté durable, c’est-à-dire qui tient compte des besoins de la génération future. Ainsi, l’empowerment ne doit pas être considéré comme un transfert de pouvoir à des individus qui auparavant, possédaient peu ou pas de pouvoir, mais comme une technique permettant de créer des individus responsables et capables de se prendre en charge, bref, des citoyens modernes dans le sens libéral occidental. Les modèles de développement social et économique appliqués dans les pays en développement doivent donc se baser solidement sur des techniques d’empowerment politique, social et psychologique, qui sont employées au niveau communautaire. Pour cela, la communauté doit avoir recours au soutien d’une "tierce partie", d’autant plus que celui du gouvernement fait défaut, c’est ainsi que l’aide des ONG étrangères est souhaitée. Mais dans ce cas, la connaissance approfondie de la communauté locale est incontournable et le rôle de l’intervenant profondément changé.

Toutefois, quelle que soit l’approche de développement, un bon facteur humain est crucial pour assurer le succès. Les ONG sont plus proches de la communauté locale et connaissent mieux leurs capacités et leurs besoins. Elles peuvent mettre en place des programmes éducatifs et des séances de formation adéquats et ceux-ci constituent un élément important de l’empowerment de la population locale. En effet, cette démarche a pour but non seulement de doter les citoyens d’une meilleure compétence de travail, mais aussi de développer chez eux une attitude rationnelle, critique et créative ainsi que la confiance en soi. Elle peut également éveiller l’intérêt des individus pour des valeurs plus profondes. Bref, elle peut susciter une citoyenneté plus avancée, condition pour bien se servir de la démocratie.